samedi 25 février 2012

Masques

La peur, peur de s’intoxiquer, de devenir comme les gens autour de nous. Peur d’être contaminé par cette maladie qu’on appelle l’avarice. Peur de devenir comme ces gens que l’on déteste, mais que l’on déteste pourquoi? Pour être ceux que l’on redoute de devenir, pour être ceux qui nous montrent nos pires défauts, enfouis au fond de notre être, cachés aux yeux de tous, mais qui hantent nos pires cauchemars. Nous portons alors des masques. Des masques qui nous protègent de ce monde. Ils filtrent l’air que nous respirons nous empêchant de respirer l’extérieur contaminé. Cette protection infime nous rassure, nous procurant un sentiment de sécurité illusoire, car il est si facile de vouloir enlever ce masque. Si facile de croire qu’au fond les menteries sont peut être vérités. Si facile de finir infecté, envenimé au plus profond de soit. Pour en revenir toujours au masque. Il est si important, mais à la fois tout aussi insignifiant. Malheureusement, parfois ce masque grossi. Au lieu de recouvrir seulement nos lèvres, il vient à recouvrir notre visage entier, nous rendant méconnaissable aux yeux de nos proches. Ce masque devient de plus en plus dur à enlever, voire presque impossible. La peur de montrer notre vrai visage devient trop grande et le masque couvre notre être. Peu à peu, on oublie ce qu’est la vie sans ce masque et celui-ci reste sur nous. Le vrai malheur, arrive lorsque celui-ci recouvre nos yeux, cachant à jamais les miroirs de notre âme qui auraient pu nous sauver de la triste destinée qui devient à présent incontournable. Nos yeux ainsi cachés, ne nous permettent plus de voir la véritable personnalité des gens et il devient ensuite encore plus facile de nous contaminer. Le masque autrefois protecteur est devenue son antipode, un risque de plus de devenir lâche. Une fois que le masque est bien soudé à notre peau, nous devenons des porteurs de la maladie. Quelques temps plus tard, nous obligeons nos victimes à porter le masque. Inconscientes de leur action, elles ne comprennent pas que leur perte est à présent inévitable. Cette maladie si contagieuse, devient de plus en plus répandue. Heureusement, des gens luttent contre cette infection. Ces gens porteurs d’espoir créent fondations et organismes pour lutter contre les différents types de cette impureté. Le capitalisme, l’homophobie, la pollution, le racisme, les guerres… Tous des types de maladie contre lesquels il est très difficile de mener bataille. Menez par des gens masqués, ces fléaux détruisent l’humanité. Fondations, organismes, minuscules globules blancs, luttent contre cette maladie. Osent imposer leurs limites aux horreurs. Osent prendre pied devant cette troupe armée, prêt à mourir pour la cause qui leur semble juste. Mais, à qui la faute? Sur qui devons nous rejeter la culpabilité d’une action aussi cruelle? Devons nous remonter au temps d’Adam et Ève alors que cette dernière a mangé la pomme, autorisant pour la première fois le pêché à entrer sur cette Terre? Ou pire encore, est-ce que rejeter la faute sur quelqu’un n’est encore une fois qu’une preuve de notre lâcheté? Une preuve que l’humanité est contaminée, condamnée à errer dans la terreur. Mettons fin à ce massacre, retirons nos masques et dépolluons l’air de ce vice. Peut être que si nous agissons il ne sera pas trop tard. Pas trop tard pour survivre.

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